Chapitre 9
Quelques minutes plus tard, ils s’installèrent tous autour d’une grande table rustique et solide. Les chaises étaient quelque peu bancales, mais la plupart des meubles étaient aussi bien fabriqués que ceux achetés en magasin. Gabriel et Dimitry ne cessèrent d’admirer la maison et tout ce qui la composait. Après avoir vécu pendant plusieurs mois dans une cabane humide et primaire, une maison chauffée avec tout le confort nécessaire était extraordinaire. Joanne et Paul apportèrent des plats remplis de viandes, de poissons et de légumes plus fantastiques les uns que les autres et Dimitry ne put s’empêcher de pousser des gémissements d’extase chaque fois qu’il goûtait un autre met. Le changement d’atmosphère était déroutant. La vie dans cette famille recomposée était chaleureuse, amusante et nostalgique. Les souvenirs de leur ancienne vie leur pesaient lourdement sur les épaules, mais c’est avec le ventre plein et le sourire sur le visage qu’ils quittèrent la table pour rejoindre leur nouvelle chambre. Joanne leur apporta de quoi dormir et ils préparèrent leur couchette avec soin, étalant des couvertures sur le parquet et plaçant deux coussins cote à cote.
La nuit était déjà bien avancée lorsqu’ils se retrouvèrent enfin seuls. Assit contre le mur, Gabriel caressait d’un geste doux les cheveux châtains de Dimitry, couché sur le sol, la tête posée sur ses genoux. La maison avait retrouvé son calme et la cascade produisait un son lointain et berçant, pas désagréable l’oreille.
- Je me demande, quand même, comment ils ont fait pour construire une maison comme celle-ci en si peu de temps, murmura alors Gabriel, en observant autour de lui d’un air superstitieux.
- Paul te l’a dit non ? Ils l’ont construite tous ensemble, répondit Dimitry dans un bâillement.
- Ce n’est pas une réponse ça.
- Je pense que si.
- Tu es trop naïf.
- Comment ça, je suis naïf ? S’exclama le cadet en se redressant.
- Je trouve ça assez mignon, susurra Gabriel en caressant du bout du doigt l’os de sa mâchoire, lui procurant un frisson d’excitation.
Son regard était tellement profond et enfiévrant que Dimitry crut se fondre en lui. Peut-être était-ce à cause des événements récents et de la situation, mais il était complètement et follement amoureux de cet homme. La main de Gabriel descendit alors lentement sur son cou, effleurant son épaule et son bras, pour ensuite atteindre sa hanche. Elle se glissa délicatement entre le tissu et sa peau alors que l’autre main retirait son t-shirt. Sa respiration se fit saccadée tandis que l’excitation parcourait son corps dans un mélange de fourmillements et de frissons.
- Tu es si sincère, dit Gabriel sur le même ton, en regardant le renflement de son pantalon. Je te touche à peine et tu es déjà dans cet état.
Dimitry poussa un léger grognement et prit ses lèvres dans un geste impatient et envieux. Sa langue n’eut que peu de résistances pour s’introduire dans sa bouche humide et chaude. Ils s’embrassèrent avec passion tandis que Gabriel caressait délicatement le sexe de son cadet, le sentant vibrer entre ses doigts. Dimitry plaça une jambe de chaque coté du corps de son aîné, continuant son baiser tout en frottant son bas-ventre entre sa paume brûlante dans un mouvement sensuel et érotique.
- J’ai envie de toi. Fais moi l’amour, gémit Dimitry entre deux baisers.
A ces mots, Gabriel se redressa légèrement et le cadet put sentir entre ses cuisses, toute l’étendue de sa passion, alors qu’une de ses mains atteignait son anus. A ce contact, Dimitry se crispa légèrement puis soupira de délice lorsqu’un doigt s’insinua dans la cavité.
- Je n’ai même pas besoin de l’humidifier, ça rentre tout seul, comme-s’il n’attendait que ça ...
- Arrêtes de dire des choses aussi embarrassantes, grommela Dimitry en fermant les yeux, submergé par les sensations.
Gabriel ne répondit pas mais un sourire étira ses lèvres séduisantes. Il fit quelques mouvements de va-et-vient avant de glisser un second doigt, rendant l’anus de plus en plus dilaté. Alors que sa langue s’attaquait à un téton déjà durci, la porte s’ouvrit en grand, laissant surgir Ethan, le visage rouge de fureur. Il était vêtu d’un simple jean qui lui descendait bas sur la taille, dévoilant le début d’une pilosité blonde et provocante. Ses cheveux ébouriffés lui retombaient en mèches folles sur ses yeux bleus, lui donnant un air sauvage.
- On entend vos gémissements jusqu’à l’autre bout de la maison ! Vous pouvez pas le faire en silence ?! Cria t-il, comme une furie.
Paniqués, Dimitry se leva dans un sursaut et remonta rapidement son pantalon tandis que Gabriel passait sa main sur son visage dans un geste ennuyé. Son cadet semblait complètement affoler d’avoir été surpris dans cette position et il jeta un regard rageur vers Ethan.
- On t’a jamais appris frapper ? Demanda t-il presque méchamment.
Le blond le regarda d’un air supérieur et narquois avant de répliquer avec un sourire :
- Je ne voulais pas me priver de vous couper en plein ébats. Et puis, j’avoue que le fait de voir Dimitry excité et à moitié nu est assez plaisant, rajouta-t-il en regardant le torse dénudé du châtain.
Celui-ci eut une mine outrée avant de croiser ses bras sur son torse.
- Ne fais pas ta prude, Dimitry, je t’ai entendu gémir comme une chienne alors que ce gars te caressait le cul.
A ces mots, Gabriel se releva d’un bon et serra le poing, le visage crispé de fureur.
- Tu n’as aucun droit de dire des choses pareilles ! S’écria t-il avec colère, le corps parcouru de tremblement de rage.
- Oh, oh ! Le preux chevalier protège se belle en détresse, que c’est mignon, ironisa Ethan.
- Ne joues pas à ça avec moi.
- Qui te dis de jouer ? Ce gosse, je le veux et je l’aurais, dit-il d’un ton sérieux en pointant un doigt vers Dimitry.
- Je t’interdis de le toucher, c’est clair ?!
Le blond partit alors dans un éclat de rire bruyant.
- Et sinon ? Tu me feras quoi ? Demanda t-il, la voix encore secouée de soubresauts.
- Tu ne sais pas de quoi je suis capable, répondit Gabriel, d’un ton menaçant.
Dimitry assistait la scène comme-s’il n’était pas vraiment présent. La réaction de Gabriel était complètement démesurée. Pour lui, Ethan disait juste ça pour s’amuser et non parce qu’il le pensait vraiment. Ce n’était pas si grave mais Gabriel semblait le prendre vraiment au sérieux. D’un certain coté, ça le rendait heureux, de l’autre, ça l’effrayait.
- J’ai hâte de le découvrir alors. On verra qui l’aura en premier, conclut Ethan en se retournant.
Il marcha jusqu’à la porte d’un pas nonchalant. Il s’arrêta alors lorsqu’il fut dans le couloir et tourna légèrement la tête avant de dire :
- Pour info’, la maison était déjà là à notre arrivée...




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