Bienvenue  (Bric a Brac) posté le mercredi 22 octobre 2008 17:18

 

Bienvenue

 

 

 

Bienvenue sur mon blog ! Après une longue absence dans l'univers des fictions, je refais surface. Certains me connaissent sous le pseudo "Nuy", d'autres ne me connaissent pas encore. J'ai décidé de reprendre à zero, avec une histoire toute nouvelle, qui est à peine en place dans mon esprit. En tout cas, j'espère qu'elle vous plaira autant qu'elle me donne du plaisir à l'écrire.

 

 

Avant toutes choses :

¤ Cette histoire est tout droit sortie de mon esprit donc s'il existe une quelconque ressemblance avec une autre fiction, c'est un coup du hasard. Bien sûr, elle pourra être influencer par des séries que je regarde ou des livres que je lis, mais j'essaye tout de même de faire attention.

¤ Comme je l'ai dit, c'est mon histoire. Donc s'il vous plait, pas de plagiat. [Sinon gare à vous =P]

¤ Ce blog parle d'une fiction composée de scènes osées entre hommes. Si vous êtes sensibles à ce genre de sujet, veuillez passer votre chemin. Histoire interdite au moins de 16ans.

¤ J'accepte toutes les remarques que vous pouvez me faire mais soyez gentils quand même. ^-^

 

 

Pour mieux me connaître : 

                                      

 

Mon autre blog :

 

 

Bonne lecture à tous !

 

Marielle

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Prologue  (L'île perdue [Histoire]) posté le mercredi 22 octobre 2008 18:59


Sigur Ros - Saeglopur

 

Prologue

 

La tempête faisait rage. Le ciel et la mer se déchainaient dans un tumulte d’eau. Le bateau se faisait ballonner par les vagues comme un vulgaire morceau de bois, malgré les tentatives désespérées de son équipage pour lui rendre son équilibre. Les nuages sombres se déversaient sans relâche et des éclairs déchiraient le ciel. Dimitry, qui se trouvait encore dans sa cabine, revêtit rapidement un gilet de sauvetage que les matelots distribuaient en masse. Le jeune homme attrapa sa sacoche puis se rua dans le couloir qui était bondé d’hommes et de femmes courant vers la sortie. Les passagers étaient complètement paniqués. Certains criaient, d’autres pleuraient. Le bateau reçut une secousse plus violente que les autres, emportant d’un même mouvement tous les passagers contre le mur. Dimitry, face à la violence du choc, eut le souffle coupé et ferma les yeux instinctivement. Quand il rouvrit les yeux, les lumières s’éteignirent soudainement, rendant le couloir complètement noir. Des enfants se mirent à pleurer et à crier, et comme une seule personne, les passagers se ruèrent vers le pont supérieur. Emporté par la foule, Dimitry se retrouva coincé entre le mur et un corps inconnu. Il entendit une voix s’élever juste à coté de son oreille :

- Excusez-moi.

C’était une voix d’homme. Grave, mélodieuse et incroyablement calme vu la situation. Dimitry murmura un « ce n’est rien » avant que le bateau émette un craquement sinistre. Les cris et les bruits de pas cessèrent immédiatement et seul l’éclat de la tempête venait rompre le silence.  Le jeune homme pouvait entendre la respiration de l’inconnu, son souffle chatouillant son oreille. Un deuxième craquement, Tout le monde retenait sa respiration. Dimitry eut la désagréable impression de se retrouver à bord du Titanic et son ventre ne fit qu’un tour lorsqu’il entendit un homme crier :

- Il va se fendre en deux ! 

L’homme qui lui servait de barrière entre lui et les autres passagers lui dit rapidement :

- Accroches toi à moi, et ne me lâches pas !

Dimitry obéit sans réfléchir et se cramponna de toutes ses forces au corps de l’inconnu qui passa ses bras autour de lui. Un troisième craquement puis, le trou noir… 

 

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Chapitre 1  (L'île perdue [Histoire]) posté le mercredi 22 octobre 2008 20:31

Chapitre 1

 

            Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Dimitry reprit connaissance. La première chose qu’il ressentit fut le sable chaud sur lequel il était allongé et l’eau froide qui venait lui lécher les pieds. Il cligna des yeux plusieurs fois, autant pour s’habituer à la luminosité que pour enlever les grains qui lui piquaient les yeux. Il recracha le sable qu’il avait dans la bouche avec dégout tout en se relevant, le corps parcouru de courbatures. Ses vêtements étaient trempés et collaient désagréablement à sa peau. Il essuya ses lèvres plusieurs fois avec son pull trempé et couvert de grain, aggravant la situation. Il avait l’impression qu’un étau se refermait autour de sa tête et il mit plusieurs secondes à se rendre compte qu’il était complètement seul, sur une plage déserte et inconnue. Il regarda devant lui et n’aperçut que l’océan. Une étendue  de bleu qui semblait ne jamais s’arrêter. Les souvenirs du naufrage lui revinrent alors en mémoire et il poussa un cri d’angoisse. Où était-il ? Quel était cet endroit sur lequel il avait échoué ? Etait-il habité ? Et surtout, y avait-il d’autres survivants ? La panique l’assaillit et il commença à faire les cents pas, ne se rendant même pas compte qu’il lui manquait une chaussure et que son genou saignait. D’où il était, il pouvait voir une montagne s’élever à une dizaine de kilomètres de la plage. A quelques mètres commençait une jungle touffue et à l’aspect menaçant. Dimitry se mordit la lèvre inférieure. Que devait-il faire ? Il n’aurait jamais pensé se retrouver dans une situation digne d’une série télévisée. Le jeune homme, agacé par son unique chaussure, la retira et en profita pour quitter ses chaussettes, son pull et son t-shirt. Il remonta son jean et regarda la plaie avec une grimace. Torse nu et les pieds libres, il attrapa ses affaires et commença à marcher le long de l’eau. S’il était arrivé là après le naufrage du bateau, il avait des chances de retrouver des choses échouées.

Il marcha ainsi pendant plusieurs minutes, cherchant du regard le moindre signe de vie. Mais apparemment, cet endroit n’était pas le lieu préféré des touristes. Dimitry réussit tout de même à récupérer quelques objets utiles : une valise qui avait dû appartenir à un passager et une petite trousse de secours. Face à ces découvertes, il ne put réprimer un élan de tristesse pour les passagers. Ravalant ses larmes, il attrapa ses trouvailles et les remonta vers la forêt. A l’ombre d’un grand palmier, il s’assit lourdement sur le sol. On était en plein été et le soleil tapait fort. Il passa sa main dans ses cheveux châtains et collants à cause de sel et soupira de désespoir. Qu’avait-il fait pour se retrouver dans cette situation ? Il avait soif et son ventre commençait à crier famine. Il jeta un regard à la valise posée à coté de lui. Il hésita un moment avant de l’ouvrir, puis il se décida et  y trouva des vêtements féminins et masculins ainsi qu’une petite trousse de toilette contenant un rasoir, un sèche-cheveux pliable et des produits de beauté. Il aperçut un petit couteau-suisse et rigola ironiquement de sa chance. Il se laissa tomber, et le dos au sol, il commença à ouvrir machinalement le canif, apercevant le soleil à travers les feuilles touffues des arbres. Que devait-il faire ? Il était fatigué, il avait faim et ses jambes le faisaient souffrir. Dimitry se força tout de même à se redresser. Il ne devait pas se laisser abattre. Il attrapa la trousse de soin et s’occupa de sa plaie. Après l’avoir désinfectée, il entoura son genou d’une bande de tissu. Ayant retrouvé son optimiste habituel, il se remit debout. Il retourna une nouvelle fois le bas de son pantalon, qui avait eu le temps de sécher, et s’engagea prudemment dans la forêt. Pendant une heure ou deux, il chercha de la nourriture et il eut la chance de dénicher un nid de bananiers. Pendant cette saison, les fruits étaient murs et riches en vitamines. Avec la quantité qu’il avait trouvée, il réussirait surement à tenir quelques jours.

Lorsqu’il revient sur la plage, le soleil commençait déjà à disparaître, diffusant un halot orangé sur le paysage. Dimitry se dépêcha de retrouver la  valise qu’il avait laissée derrière lui et emballa ses récoltes dans un t-shirt. Il n’avait pas réussi à trouver de l’eau, mais il devait faire sans. Il se construit tant bien que mal un abri avec des morceaux de bois et des bouts de tissu. Cela tiendrait au moins pour la nuit. Il avait l’intention, le lendemain matin, de partir à la recherche d’un village. L’abri de fortune n’avait donc pas grande importance. Comme il l’avait vu dans les films, il essaye de faire un feu, avec du bois ramasser sur la plage et des galets. Mais ses tentatives restèrent veinent et c’est les mains endolories qu’il grignota un bout avant de s’enrouler dans son pull et de s’endormir.

 

 

Le lendemain, Dimitry se réveilla alors que la lune était encore haute dans le ciel. Il avait passé une nuit affreuse à cause du vent qui avait soufflé pendant plusieurs heures, et n’avait presque rien dormi. Son genou lui faisait mal et ses vêtements étaient trempés à cause de la rosée matinale. Les cheveux ébouriffés et sales et des cernes noirs entourant ses yeux verts, il se leva et s’étira en regardant les étoiles. Le ciel étant dégagé, une journée chaude s’annonçait. Le jeune homme enleva ses vêtements mouillés et les étendis sur un étendage de fortune : un fil accroché à deux arbres cote à cote. Frissonnant, il se frotta les bras tout en mangeant une banane sucrée. Il se retourna alors vers son abri et fit la grimace. Les bouts de bois étaient tordus dans tous les sens et les tissus s’étaient déchirés par endroit.

- Ca ne pouvait arriver qu’à moi … murmura t-il alors, avec désespoir.

Sa voix était rauque et un peu enrouée. Il toussa légèrement maudissant tout autour de lui.

- Je n’ai rien fait pour mériter ça ! Je n’ai rien fait de mal ! Et merde !

Il se tut, trouvant étrange de parler tout seul et d’entendre sa voix se répercuter dans la nuit. Il se trouvait même hypocrite : tout le monde n’avait pas eut la chance de survivre au naufrage. Il se força à reprendre contenance et revêtit des vêtements contenus dans la valise. Ils étaient un peu trop grands pour lui, mais ça fera l’affaire. Il prit le couteau-suisse qu’il glissa dans la ceinture de son pantalon puis, respirant profondément pour taire la peur qui lui comprimait l’estomac, il pénétra dans la forêt. Son but était d’atteindre la montagne qu’il avait aperçue lors de son arrivé. Il aurait une belle vue de là haut et pourrait surement apercevoir un village ou une ville. Prenant son courage à deux mains, il commença son ascension.

            Il arriva en haut de la montagne alors que le soleil avait atteint son zénith. Transpirant à grosses gouttes, Dimitry avait quitté son t-shirt qu’il avait déchiré en trois morceaux : un pour éponger son front, qu’il entoura atour de sa tête et les deux autres pour protéger ses mains lorsqu’il grimpait sur la pierre coupante. Respirant bruyamment pour reprendre un rythme cardiaque normal, il s’arrêta, se tourna vers le paysage qui s’étendait en dessous de lui et cligna plusieurs fois des yeux, éblouit par la luminosité. Ce qu’il vit lui bloqua la respiration : tout autour de lui s’étendait l’océan. Pas un seul passage vers le monde qu’il connaissait, pas un seul village. Il était seul, en plein milieu d’un endroit inhabité. Il s’était échoué sur une île déserte.

 

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Chapitre 2  (L'île perdue [Histoire]) posté le jeudi 23 octobre 2008 21:26

Chapitre 2

 

            Complètement anéanti, Dimitry se laissa tomber sur la pierre brulante. Il avait espéré trouver un village, quelqu’un ou quelque chose qui aurait pu l’aider. Mais il était seul. Complètement seul. C’est sous la chaleur du soleil qu’il craqua pour la première fois depuis son arrivée. Il se cacha le visage de ses mains ensanglantées à cause de l’escalade et pleura pendant un temps qui lui parut des heures et des heures. La peur était trop grande, trop étouffante. Il n’était qu’un étudiant après tout… Il s’essuya les yeux d’un geste rageur de la main. Il ne devait pas pleurer. Rien n’était encore perdu. S’il avait un peu de chance, des avions ou des bateaux passaient à proximité.

Dimitry se leva et s’approcha du bord. L’île n’était pas très grande. La majeure partie était recouverte de forêt qui était entourée par une plage au sable fin. Il aperçu alors un éclat de lumière, en contrebas, et remarqua avec joie qu’une rivière serpentait entre les arbres. Apparemment, elle prenait sa source dans un petit lac, au pied de la montagne. La gorge sèche, la soif eut raison de lui et il se dépêcha de descendre et d’atteindre le point d’eau. Une vingtaine de minutes plus tard, il se précipitait dans une eau fraîche et pure qu’il but à grandes gorgées. Il toussa après avoir avalé de travers et s’aspergea le visage. Le corps à moitié dans l’eau, il savoura la sensation agréable du liquide coulant sur sa peau. Il enleva alors ses vêtements qu’il déposa sur la rive et nagea pendant plusieurs minutes. L’eau du lac était tellement claire qu’il pouvait voir le sable granuleux, les roches mousseuses et les algues multicolores qui en parsemaient le fond. Il fut même surpris d’apercevoir un band de petits poissons argentés. Cet endroit était magnifique et il s’étonna de penser qu’il n’aurait jamais pu le voir si le bateau ne s’était pas échoué. Dimitry se baigna pendant une heure puis, ses vêtements sous le bras, il suivit le chemin de la rivière pour rejoindra la plage.

Arrivé sur le band de sable fin, il mit sa main devant ses yeux pour se protéger du soleil et observa l’océan. Rien, pas un bateau. Il en soupira d’exaspération. Il fallait être patient. Alors qu’il allait prendre le chemin du retour, son regard fut attiré par une forme étrange, au bord de l’eau. Intrigué, il laissa ses vêtements sur le sol et s’approcha doucement. Lorsqu’il ne fut plus qu’à une dizaine de mètres, Dimitry se rendit compte que la chose en question était un homme entouré de restes du bateau. Affolé, il se précipita sur lui, souleva une planche de bois qui lui appuyait sur les jambes et déroula la bâche sur laquelle il était couché et qui lui recouvrait la moitié du corps.

- Monsieur ! Monsieur, vous m’entendez ? cria t-il, désespéré, en secouant légèrement l’inconnu.

Il approcha alors son oreille de la bouche de l’homme et sentit avec soulagement qu’il respirait. Lentement, faiblement, mais il respirait. Paniqué, Dimitry chercha un moment de l’aide du regard avant de se rappeler que personne ne viendrait à son secours. Il devait s’occuper du naufragé tout seul. Il se releva rapidement, saisit le coin de la bâche et la remonta vers la lisière de la forêt afin de sortir l’inconnu de l’eau. Inquiet de l’état de l’homme, il n’eut pas le courage de le bouger une nouvelle fois. L’idée de s’installer ici n’était pas plus mal : la rivière venait se jeter dans l’océan à quelques mètres, il aurait donc de l’eau douce en permanence. Il vérifia que l’inconnu respirait encore et courut le plus rapidement possible chercher la valise et la trousse de secours qu’il avait laissées derrière lui.

            Dimitry revient quelques minutes plus tard, ses affaires sous le bras. Il tapota doucement sur la joue de l’homme qui n’eut aucune réaction. Se demandant ce qu’il devait faire, il eut le temps d’observer le blesser : c’était un homme d’environ vingt-cinq ans, voir plus, même si les traits fins de son visage le rendaient plus jeune. Il avait des cheveux incroyablement noirs et légèrement frisés. Ses sourcils étaient bien dessinés et ses yeux de couleur pour l’instant inconnue étaient entourés de longs cils noirs. Son nez délicatement recourbé lui donnait un petit air enfantin et ses lèvres semblaient tellement pulpeuses et rosées que s’en était presque indécent. Se rendant compte de l’observation qu’il faisait subir à l’inconnu, Dimitry se mit debout d’un bond, les joues légèrement rouges. Ce n’était pas le moment d’être en admiration.

            Le jeune homme revêtit son pantalon et courut chercher un peu d’eau qu’il tenta de faire boire à l’inconnu, sans grand résultat. Soupirant d’angoisse, il se maudit de ne pas réagir comme il le faudrait. Il s’aperçut alors que les vêtements de l’homme était mouillés. Il était donc préférable de les lui enlever s’il ne voulait pas qu’il tombe malade, même si la température était agréable. Embarrassé par la situation, Dimitry enleva délicatement le pull et le t-shirt de l’inconnu, dévoilant un torse musclé et incroyablement attirant. Le jeune homme déglutit avec difficulté devant l’homme à la peau claire dont le ventre se soulevait légèrement, au rythme de sa respiration. Il approcha ensuite ses mains de la braguette du jean et ferma les yeux lorsqu’il enleva le pantalon. Mais il n’eut pas le courage d’enlever le sous-vêtement qui moulait à la perfection ce qu’il contenait. Dimitry fit une grimace alors qu’il observait les jambes de l’inconnu : elles étaient couvertes d’hématomes et une des cuisses offrait une plaie de taille impressionnante. Le jeune homme prit la trousse de soin et soigna tant bien que mal l’homme toujours inconscient.

            Il y passa plusieurs heures, travaillant de façon délicate et lente, de peur de blesser l’inconnu. Alors que le soleil se couchait à l’horizon, Dimitry entreprit de faire un feu, qui après plusieurs minutes de tentatives, fini par flamboyer, diffusant une chaleur et une lumière rassurante sur les deux hommes perdus en mer.

 

 

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Je voulais remercier Mélo et Morty pour leur soutient. C'est gentil à vous les filles ! {#}

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Chapitre 3  (L'île perdue [Histoire]) posté le lundi 03 novembre 2008 22:54

Chapitre 3

 

         Lorsque Dimitry se réveilla le lendemain matin, il mit un moment avant de réaliser dans quelle situation il était. Il avait espéré avoir rêvé mais l’île était toujours présente. Il s’étira lentement et jeta un coup d’oeil sa droite : l’homme l’identité inconnu était toujours là et semblait dormir paisiblement. Le jeune homme tendit la main, la posa sur son ventre musclé et fut soulager de le sentir se soulever régulièrement. Il se leva ensuite et fit une grimace lorsqu’il sentit son ventre se tordre de douleur : il n’avait pas mangé depuis la vieille et son estomac criait famine. Dimitry attrapa un fruit qu’il avait enveloppé dans un t-shirt et y croqua pleines dents. Il soupira d’aise lorsqu’il sentit l’aliment remplir son ventre. C’était un maigre repas mais il n’avait que ça pour l’instant. Il avait réfléchit l’éventualité de rester ici plus longtemps que prévu et des besoins vitaux lui venaient naturellement l’esprit : il devait obligatoirement se construire un abri, solide et imperméable, ainsi qu’un garde manger suffisamment rempli pour nourrir deux personnes. Motivé par ses nouvelles responsabilités, il s’occupa rapidement, mais non sans attention, de la blessure de l’homme étendu sur le sol et partit chercher de quoi manger dans la forêt. Après une heure de recherche, il réussit dénicher un nid de fruits divers. Il revient ainsi les mains chargées et déposa ses trouvailles dans la valise. Les fruits allaient les nourrir pendant un certain temps, mais il devait apprendre pêcher ou chasser pour se fournir en protéines. Il jeta un regard autour de lui, et, apercevant un caillou l’air tranchant, il s’en saisit et l’accrocha tant bien que mal un morceau de bois pour en faire un harpon. Satisfait de son oeuvre, il se déshabilla et se jeta dans l’eau. Les sens aux aguets, il ne remarqua pas l’homme blessé se redresser, une main sur la tête, le regard perdu.

        Que faisait-il ici , sur une plage déserte, allongé sur une bâche, recouvert de vêtements divers et ne portant qu’un boxer ? L’inconnu fit un mouvement pour se lever, lorsqu’il ressentit une vive douleur au niveau de sa jambe. Il regarda alors sa cuisse, la vue brouillée par la douleur, et le bandage primaire qui l’entourait. Surpris, il releva la tête la recherche de la personne qui l’avait soignée et aperçu Dimitry qui venait de rater un poisson et faisait des gestes étranges dans l’air. L’inconnu ne put s’empêcher de rigoler face l’expression béate que le jeune homme afficha lorsqu’il se retourna et se rendit compte que son protégé était réveillé. Oubliant qu’il était complètement nu, il se précipita vers l’inconnu, avec un grand sourire. Ce dernier, étonné face cette vision, ouvrit grand les yeux et eut un mouvement instinctif de recul.

- Bonjour ! s’écria Dimitry, ravit de voir l’inconnu réveillé.

L’homme blessé mit un temps avant de répondre, captivé par le phénomène qui se présentait sous ses yeux.

- Salut, répondit-il avec méfiance.

- Je m’appelle Dimitry, et toi ? Demanda t-il, en tendant la main.

- Gabriel, dit-il en lui serrant le poing.

       Dimitry eut un grand sourire. Il ne serait plus seul. Il allait enfin pouvoir parler avec quelqu’un, discuter de tout et de rien. L’île n’allait plus être si vide maintenant. Il remarqua que le dénommé Gabriel avait des yeux d’un gris-bleu, assez sombres, qui lui rajoutaient une touche de mystère à son charme naturel. Il s’aperçut alors que le jeune homme gardait le regard fixé vers son bas-ventre et fut stupéfait de constater qu’il était nu. Il releva la tête, et, rouge comme une pivoine, balbutia des mots d’excuses avant de se précipiter vers son pantalon. Il s’en vêtit rapidement et revient, la mine déconfite et gênée vers Gabriel qui maintenait difficilement son fou rire. Quel étrange personnage. Soit il était naïf et innocent, soit il était complètement fou. Il lui sourit lorsqu’il s’assit coté de lui et lui demanda, comme si de rien n’était :

- Où sommes-nous ?

- Quelque part au milieu de l’Océan Pacifique, je suppose, répondit Dimitry, en regardant la mer.

- Est-elle habitée ?

- Pas ma connaissance, murmura t-il, avec tristesse.

Il y eut un moment de silence, comme pour appuyer sur la gravité de cette phrase, puis Gabriel reprit la parole :

- Qu’est-il arrivé au bateau ?

- Tu ne t’en souviens pas ?

- Je me souviens seulement d’avoir parler à quelqu’un dans un couloir et puis ... Je crois que je me suis cogné la tête, répondit Gabriel, avec une grimace.

Dimitry le regarda, quelque peu chamboulé : et si c’était Gabriel, l’homme qui l’avait protégé ? Le jeune homme avait une voix grave, pas désagréable l’oreille, mais il n’était pas sûr que c’était vraiment la sienne.

- Alors, qu’est-ce qui s’est passé ? L’interrogea Gabriel, le tirant de ses pensées.

- Le bateau a coulé à cause d’une tempête. Je ne sais pas vraiment comment, ni pourquoi, mais j’ai entendu un matelot dire que le bateau se fendait en deux, avant le naufrage. Je ne sais pas où il est maintenant, certainement au fond de l’océan. Quelques morceaux viennent s’échouer sur l’île.

- Y-a-t-il d’autres survivants ? Demanda Gabriel, avec anxiété.

- S’il y en a, je ne les ai pas croisés...

Ils poussèrent un soupire de désespoir au même moment, leur arrachant malgré tout un sourire.

- Je suis content que tu te sois réveillé, murmura Dimitry, en regardant les yeux attrayants du jeune homme.

Puis il se remit sur pieds et frotta de la main son pantalon, pour enlever le sable.

- Bon, c’est pas tout, mais la nourriture n'arrivera pas dans nos estomacs toute seule, s’écria t-il en prenant son harpon en main.

Il fit un pas en direction de la mer lorsqu’il sentit Gabriel l’agripper par le pantalon. Surpris, il se retourna et descendit le regard.

- Merci, pour le bandage, remercia Gabriel en montrant sa cuisse.

Dimitry lui répondit avec un sourire et replongea dans l’eau, le visage radieux.

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